La forêt est propre

Il est probablement plein de larmes.
Il a fait violence. Ses poteaux mènent à d’autres poteaux.
Quand il est allé au tout début, il ne pouvait pas imaginer.
Il a marché dans la forêt.
Si tu le vois, c’est qu’il n’est pas loin.
La carte nomme la forêt.
C’est la zone de silence des grandes ventes.
Il arpente, solennel, traverse, marche tout le long puis s’éloigne
Eblouie, sa majesté se tient au chien
Son pape-son-chien.
La forêt est propre.
Là dans l’Histoire, elle devient sale, très chiant l’Histoire surtout d’y être enfermé.
Maintenant il se couche.
Pour le bien de tous, vous ne le laisserez pas divaguer.
Toi, tu dors.

La direction est mystérieuse
Où ma biographie
Si j’écris j’irai en prison
Si je dis c’est pas grave
Dire je peux
Moi je veux écrire à la prison
Est-ce que ça reste toujours grave
Regarde
Toi tu dors en prison.

Le couteau qui coupe

Et voilà le monde merveilleux
C’est pas vous qui jouez
Vous êtes le lecteur.

Il choisit le
Couteau qui
Coupe
De beaux jours ce sont
De beaux jours.

Il jette la rose par terre
Elle est sale
Elle est sale à sa manière
Et vous c’est pas vous
Qui jouez.

Elle dort sale à sa manière.
Elle a la forme grave de la maladie.
Il choisit le couteau qui
Coupe.

Il est le décidé de tout.
Vous ne jouez toujours pas
Bureaucrates moins que sales.

La température baisse.
Il choisit le couteau qui coupe.
Elle dort.
Il choisit le couteau qui coupe.
Les gens compétents sont magnifiques.
Et je devrais prendre un couteau qui coupe.

Le patron des chasseurs tue le chat

Le patron des chasseurs tue le chat.
La phrase est pauvre.
Le chat se défait. Le chat se délite. Le chat se désiste.
La phrase est encore plus pauvre.
Je ne savais pas que
Les chasseurs avaient un patron.
Ça me rassure un peu que
Les chasseurs aient un patron.
En tant que chat
Je peux dormir tranquille.
Je dors.
Tu dors aussi.
Le patron des chasseurs me tue.
C’est toi qui me tue.
Voilà ce que tu fabriques pendant que tu dors.
Je me défais. Je me délite. Je me désiste.
Ma phrase n’a jamais été aussi pauvre.
Je ne savais pas
Je n’avais pas compris que
Tu étais le patron des chasseurs.
Je ne savais pas que
Je vivais avec le patron des chasseurs.

Une autobiographie

Il ne peut pas écrire ce qui se passe par la tête rien ne passe il passe en courant il aime une phrase en passant le patron des chasseurs tue le chat je l’ai laissé partir elle brille fort la phrase c’est la vérité dans la beauté vraie il se retrouve sur les trottoirs il traverse j’ai 11 ans plus longtemps je fais une boite elle est vide voilà pourquoi je me retrouve à la rue je ne voyais pas comment la remplir la décorer je la fuis par le mouvement je fais le trottoir je ne sais pas que créer c’est fabriquer une boite vide tout le monde l’a déjà fait il n’y a pas de loi il enlève sa veste poursuivi par la pluie puis il dort c’est un autre jour, là il s’en trouve comme ils disent il se retrouve il imagine retourner à l’insouciance il se produit il se produit rien, rien d’autre que le monde merveilleux le monde merveilleux  le monde merveilleux le monde merveilleux elle dort toujours le nettoyage se passe bien,  à un moment même il a parlé, une énorme surprise une bombe de colère.

Cauchemar national et universel

Il est mort j’em suis fait foutu je m’en suis mal fait foutu ça m’a fait mal et il faudrait que ce soit de ma faute répétez après moi la mort est de ma faute la mort est ma faute, il a voulu aller au restaurant et il est mort ça ne passera pas la mort ne se passera pas elle n’est pas une vie normale même on a lui retiré ses couverts cette mort-là est une faute pas même pris le temps pris le temps de changer sa petite serviette il faut payer sa mort il faut payer pour on avait pas payé pour ça on vivait et on est mort il y a quelque chose que je ne comprends pas ne comprends pas je ne comprends pas où est ce qu’une faute a pu être commise je ne comprends pas la mort je ne comprends pas ils avaient que nos pieds à s’occuper à nourrir et elle voilà qu’elle dit la mort elle dit non mais quoi la mort elle dit ce n’est pas sa faute elle n’avait pas que nos pieds elle avait pas que nos pieds à s’occuper à nourrir.

Avancer son pied

Elle lui avait dit, avance ton pied.
Mais il n’y a plus de place pour mettre son pied.
Or je n’ai plus de place pour mettre mon pied.
Enlève ton pied.
Alors comment il va faire ?
Alors comment il va faire pour monter sur la scène ?
Il devait faire le même pied au présent.
Son pied au présent.
Il se disait déjà submergé.
Il se vivait déjà.
Submergé par la honte de son pied.
Elle.
Elle s’en fout, elle dort.
Alors comment il va faire ?
Tout le temps n’importe où.
Il ne se laissera plus voler son travail.
La honte jetée à la vie à son pied.
Le pied c’est sale c’est sale.
Il veut y mettre son pied.
C’est ça.
Il veut pouvoir enfin.