Garden party

J’installai la nappe de pique-nique sur la pelouse qui descendait en pente douce vers l’avenue Gabriel. Je m’assis en tailleur. On disposa autour de moi une petite dizaine de poussettes. Elles étaient vides. Je demandais où étais passées les voix d’enfant. On me répondit d’un air désolé qu’elles n’étaient pas disponibles.

Azimut

Les quatre anciens m’attendaient attablés au bistrot de Tulle. C’était devenu leur cantine, à force, ils ne savaient plus s’occuper depuis qu’ils avaient quitté l’Elysée. Le patron les consolait comme il pouvait. Il m’invitait de temps en temps. Quand j’arrivais, la tête de veau était déjà servie. Elle avait l’oeil mauvais. Elle me reprochait d’être encore vivant, moi.

Ouvrir le bal

Je me souviens. Il y eut de ces débats que la France affectionne et qui font tout le charme de l’histoire lorsqu’on la raconte aux enfants. L’opposition prétendait que le brossage des dents par la méthode du haut en bas, du bas en haut, telle que la prévoyait mes ordonnances, mettait à bas le pluralisme politique. Comme toujours, elle proposait le statu quo, le de gauche à droite puis le de droite à gauche. La chose était d’importance, personne ne pouvait s’abstenir sur une question aussi essentielle. Je me surveillais dans la salle de bain. Face au miroir, en petite serviette, je faisais preuve d’exemplarité. J’étais heureux de vivre mes réformes de l’intérieur.

Sans attendre

Tout était prêt pour que les choses commencent. Il ne manquait plus que les autres. D’habitude, ils n’étaient pas en retard. Pas le mercredi. Pas en conseil des ministres. Là, ils se faisaient attendre. Ils ne viendraient pas. Avaient-il déjà baissé les bras ? Il fallait passer à l’action sans tarder.