Dévoré

1.
Et on crierait « encore un peu ! ». Mais de quoi ?
La lettre serait ouverte, il n’y aurait qu’à la lire.
Les mots à presser comme une orange, la plus fraîche possible.
2.
Ressentant un juste besoin d’être remis à l’endroit, tout d’un coup, le mot milieu se mettrait à avoir peur. Il entrevoit sa propre mort et n’en pas envie. Une négociation sur les mots plutôt que sur la chose est-elle possible ?
Je me tiens à l’écart de la poésie, elle me fait mal, elle me fait mourir.
3.
Ils expriment ce qu’ils peuvent, c’est si difficile de leur faire cracher qu’ils sont vivants les mots milieu, dites-nous si on est vivant et si l’on s’aime.
4.
Résistance à la disparition.
Balance ta langue morte à la mer.

Packers et bourrures

Évidence du mot dieu : ce qui permet de faire, c’est que maman est morte.

On a pu dépenser, tout dépenser.

Deux pences dans un vieux flipper.

Tu m’achèterais une chemise pour les fêtes.

Qui décide de notre chemise, et qui décide donc de notre vie?

La dame du pressing la mettra en l’air.

Je suis un petit con

A force d’écrire des mots milieu, je danse comme un fou, je fais partie de l’action.

Je suis rien qu’un petit con.

J’ai chaud et puis j’ai froid. Je manque le bain moussant du matin. Je ne me changerai pas.

Souvent de petits bouchons de plastique transparent aiment se nicher sous les tuyaux du radiateur. Sur le carrelage froid, je me mets à quatre pattes. Je les cherche du regard. Je les découvre. Ils me font la surprise. Du bout des doigts, je les attrape.

Je suis un peu court et c’est comme ça. Si ça me fait plaisir, les restrictions. Je n’ose pas rentrer. Il m’a dit « euh… ».

Comment c’est possible, les mots milieu, ils se sont pas dits.