Aüßermann

Je ne suis pas étoile. Je dirais plutôt une sorte d’envers. Un effet retard. Une altérité contre l’unique.

Parions que l’unicité est impossible. Elle ne fait pas la danse. La danse naît de la rencontre de l’étoile avec le non-étoile. Le costume ne dit pas tout.

Oh le beau mensonge.

Le plaisir immense de se poser des questions jusqu’au bout.

Murmure

Poésie féroce, corps passif
Des échecs féeriques ;
Le matin dire « à ce soir ».

Bientôt l’automne bleu, amaurieux ;
Assurance élémentaire,
La lumière tourne, immobile.

Viennent les voyages
Tachés faux ;
Puis faire la saison.

Ne pas raconter ça ;
Haut zéro unseen ;
Planer.

Les normes figuratives

Les espèces disparaissent, d’abord les piafs. Nous n’atteindrons jamais plus la conscience des oiseaux. Certains d’entre vous se rebellent. Le disent sur les murs à la craie, en pleine rue. C’est la saison.  Ainsi les dessins d’oiseaux tapissent ces derniers jours les façades de nos maisons. Malheur à ceux qui croient réinventer les oiseaux ! Quelque chose d’aussi absurde que dessiner les têtes d’hommes. Vous faites fi de notre respiration ! Tous nous souffrons de vos petits dessins, une gymnastique absurde pour garder le souvenir des espèces révolues. Je sais combien nous sommes à nous plaindre. Nous virons plumassiers. Chacun de nos pas dans la fiente et dans les plumes. Souiller la plante de nos pieds, caresser la plante de nos pieds. Caresser, souiller, la douceur et la merde, vos dessins, vraiment, rien ne va. Souiller, caresser, on ne va pas s’y laisser prendre, comme si l’un n’allait pas sans l’autre, une malédiction, les oiseaux.