Une ritournelle

Moi j’ai juste un petit peu peur de tomber une fois je suis tombé d’un escalier de pierre ça me fait froid dans le dos, n’aie pas peur là tu vas pouvoir courir à la place d’être né à toute heure tu peux tirer sur ma peau, viens te faire la peau tu as l’air fatigué, je veux de la couleur sur ta peau, je veux me trainer à tes genoux et je veux que tu me manges par les yeux fais attention à la fermeture des portes toujours le matin je n’arrive pas à me lever, les chaises crient au-dessus de nos têtes le coup du lapin il y a du piano à chaque fois entre tes cuisses tu veux quoi à la fin écrire le monde merveilleux ça n’existe pas plus que le nez au milieu de la figure, mais ça ne peut pas faire de mal si tu te noies il reste le ballon et le chien je ne veux pas voir ça, je n’aime pas que tu boives, je n’ai pas les yeux à regarder tu me rappelles la grand-mère malade dans la chambre d’hôpital, elle dit apporte-moi une bonne bouteille de bordeaux malade comme je suis non ça ne peut pas faire de mal, malade et mourir, je suis triste tu dis elle ne fais pas une belle morte elle est morte trop tôt une morte qui passe à côté et je t’entends sous la douche les radiateurs claquent le début de l’hiver, mon sexe c’est une crème c’est ça que je chante et tout coule encore, les moteurs font trop de bruit c’est pour ça que j’aime le vent je me souviens il déménage la crème blanche et moi je ne suis pas là on me cherche mais on ne me trouve pas parce que je suis heureux alors en attendant on le brûle comme ça au moins c’est fait, au retour on me dit tu vois tu n’étais pas là on t’attendait, moi depuis je fais des enfants à cause de la montagne qui crache, j’avale, j’avale tout, non je tourne la tête de tous côtés, on aime me déshabiller on joue à la poupée, tu ne crois pas que je suis un peu vieux, trop vieux pour mourir regarde sous la chaise les ballons d’anniversaire, oui ils reculent l’autre est en plus auvais état que moi, en attendant je récupère mon colis délicatesse rare ils m’apprennent à faire les cravates et il s’en vont, je suis branché au gros tuyau avec ce qui se passe ça me rassure, je balaye par la fenêtre je veux la lumière

Pas de nom pas de tête

Les corps
Ils vont à la mer
Ils sont tout nus
Ils dérivent tout nus
Tout nus
Ils perdent leur nom
Ils oublient leur nom à la mer
Ils étaient quelqu’un
Il y a pas si longtemps
Mais c’était
Avant la mer
Avant d’être tout nus à la mer
Ils avaient un nom
Mais là on ne sait plus
Recoller les corps et les noms

Au moins dans la terre
Ils avaient leur nom
Maintenant on souffre pour eux
C’est comme s’ils n’avaient pas de tête
Pas de nom pas de tête
Un corps à la mer ça n’a pas de nom pas de tête
Pas de nom pas de tête le ciel est blanc
ça ne nous dit pas
Pas de nom pas de tête
Si on peut encore leur parler
Qu’est-ce que l’on pourrait encore leur dire
A part on est désolés
Pas de nom pas de tête
Vous êtes tout nus à la mer et nous
On ne sait même pas
Si vous vous appelez vraiment
Pas de nom pas de tête
Vous êtes des corps tout nus à la mer
C’est tout
On s’occupera de vous plus tard
Parce que là honnêtement
On n’a pas le temps