Début

En 1871, Francis Herbert Wenham inventa le simulateur de vent.
Francis Herbert Wenham crut inventer le vent. Il crut.

En 1871, Francis Herbert Wenham inventa le simulateur de vent.
Son invention a d’abord été très rudimentaire. Il a inventé des rudiments. Il a poussé
un petit souffle, le simulateur de vent a commencé petit, c’est toujours
comme ça qu’on commence, on commence petit et puis ça déraille, le vent déraille,
le vent est trop fort, le simulateur est mal réglé, je ne sais pas maîtriser mon simulateur, on fait n’importe quoi avec, je voudrais qu’il vienne
et qu’il le répare, ce  Francis Herbert Wenham, mais il est mort, je ne sais pas qui appeler, personne ne sait réparer le vent. C’est de pire en pire.

Avant Francis Herbert Wenham, il n’y eut rien du vent. Avant, il n’y eut rien du vent.
Il n’y eut pas de tempête. Par conséquent, il n’y eut pas la grande tempête de 1703, il a fallu attendre Francis Herbert Wenham pour les catastrophes. Par conséquent,
il n’y eut pas la grande tempête de 1703, il n’y eut pas mille marins morts
sur le banc de Godwin, la tempête ne toucha pas l’ouest de la Bretagne, le sud de l’Angleterre. Il n’y eut pas le vent, rien de violent ne fit s’effondrer à Londres deux mille cheminées,
quatre cents moulins, rien ne détruisit le phare d’Eddystone. Rien ne fit que
la région de New Forest perdît quatre mille chênes.

Avant Francis Herbert Wenham,
rien qui ne permit la grande tempête de 1703, car ce fut bien plus tard qu’apparut le vent,
et d’abord, d’ailleurs, de manière très rudimentaire, comme chacun sait que l’on commence. Par conséquent, la toiture de l’abbaye de Westminster ne se trouva pas soufflée,
la reine Anne ne sut pas très bien pourquoi elle devrait s’abriter
dans une cave du Palais de Saint James pour éviter l’effondrement des cheminées,
s’il n’y avait pas de vent en 1703, il n’y avait pas de raison que sept cents navires se projettent les uns contre les autres sur la Tamise.

Avant Francis Herbert Wenham, il n’y eut pas un témoin pour écrire en 1703,
« j’ai pu voir les effets du vent le long d’un corridor en me promenant à cheval »,
il n’y eut pas le vent. Le vent ne détruisit rien du navire de l’amiral Sir Cloudesley Shovell, rien du HMS Vanguard,
rien du HMS Stirling Castle, du HMS Mary, rien du HMS Northumberland,
rien de l’escorte du Hector, du Looe et du Hastings. Rien du bétail ne fut touché par le vent, ce ne fut pas que le vent l’ait épargné, mais en 1703, ils vivaient tous sans rien savoir du vent, c’était avant le vent, avant le premier simulateur,
avant Francis Herbert Wenham,
ce fut avant l’invention du vent qu’aurait dû avoir lieu la grande tempête de 1703 alors elle n’eut pas lieu. Alors, il n’y eut pas la triste mort à Wells de l’évêque Richard Kidder
et de sa femme, qui ne furent pas tués quand deux cheminées du palais épiscopal tombèrent sur eux, endormis dans le lit. Rien ne tomba, rien ne mourut avant l’invention de Francis Herbert Wenham. Rien ne mourut avant le vent. Avant Francis Herbert Wenham,
il n’y eut rien pour arracher ses amarres sur la rivière Herford.
Ils ne furent pas
dix mille à perdre la vie en 1703.

Avant, il n’y eut pas le vent. Il simula le vent. Il crut, alors il y eut le vent.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.