Pas besoin d’aller au bout

Peuplement du vide par les mots
Peuplement des visages par les mots
Peuplement des images par les mots
Peuplement des mots par les mots
Peuplement de la maladie par les mots
Peuplement de mon corps par les mots, les mots m’envahissent, ils se multiplient et je me métamorphose pourquoi je mets les mots je n’ai plus rien à me mettre, le besoin des mots pas besoin d’aller au bout pas besoin d’aller au bout pas besoin d’aller jusqu’au bout pas besoin d’aller jusqu’au bout ça voudrait dire quoi j’aimerais que tu arrives à dire moi je ne parle pas puisque j’ai une bouche dis ces mots-là, absorbé à en venir à bout, on va pas se plaindre, on est servi par les mots, on s’en est servi à tel point qu’ils prolifèrent et c’est comme ça, très logiquement, qu’on en vient à finir par se taire et qu’on nous emporte sans rien dire.