Aventure Seymour

Sur ma table de chevet. Un homme au cigare. La couverture d’un livre. Je ne l’avais jamais vue. Photo noir et blanc. Béret de combattant. Il me regarde de biais. Guérillero. L’air de dire que cela ne sera plus très long maintenant. Réalisme. Ses images sont une guerre à lui-même.

Fugue

Je n’ai pas de discours.
Le poème rien que les mots.
Rien ne se dit des phrases déjà dites.
Ne plus penser ne plus penser surtout si penser est dire.
Ne rien dire.
Le rien incommunicable, ce sont les mots.
Un air de consolation, ce qui vient de hasard à l’oreille, saute aux yeux, mots découpés ici et là.
Tombé sous le sens
Un mot me sauve et je respire.
Mes bricolages fragiles font le passage en mes années de nuit.
Tranquille derrière la palissade, le poème, dernière occasion de faire une fête
On m’a volé ma danse.
Arbre penché
Silence
Enigme
Entends-moi.

Une transhumance

« Prépare-toi, chevrier, à laisser la plaine et la chaleur de l’été. Maintenant il faut partir sur les hauteurs, on se rejoint bientôt à Barghjana »…

Appròntati, o capraghju !
À lascià piaghja è calmana
Ch’hai da fà l’altu viaghju
Dopu ghjuntu in Barghjana
A Filetta

Nos chambres

La matière des jambes
Plus un bras
Le maître de l’énigme tout allongé.

Après le feu
Un chien
Dans une cage
Crie notre gloire.

Ce qui se passe dans la maison
Sexe
Sommeil
Sexe
Peu de choses
Debout.

Le plan s’est perdu. Mon intérieur l’a aimée, elle. De petits mots. Tellement.

Depuis le temps,
On ne peut dater le moment et on s’en fiche.

S’il y a la fin du monde.