Fugue

Je n’ai pas de discours.
Le poème rien que les mots.
Rien ne se dit des phrases déjà dites.
Ne plus penser ne plus penser surtout si penser est dire.
Ne rien dire.
Le rien incommunicable, ce sont les mots.
Un air de consolation, ce qui vient de hasard à l’oreille, saute aux yeux, mots découpés ici et là.
Tombé sous le sens
Un mot me sauve et je respire.
Mes bricolages fragiles font le passage en mes années de nuit.
Tranquille derrière la palissade, le poème, dernière occasion de faire une fête
On m’a volé ma danse.
Arbre penché
Silence
Enigme
Entends-moi.

Une transhumance

« Prépare-toi, chevrier, à laisser la plaine et la chaleur de l’été. Maintenant il faut partir sur les hauteurs, on se rejoint bientôt à Barghjana »…

Appròntati, o capraghju !
À lascià piaghja è calmana
Ch’hai da fà l’altu viaghju
Dopu ghjuntu in Barghjana
A Filetta