Mon premier G7

Au bout de vingt minutes, l’entretien s’est achevé. Il s’est levé et, sans me regarder, sans se tourner vers moi, il m’a tendu la main. Voulait-il me provoquer en m’ignorant ostensiblement devant les caméras du monde entier ? Fallait-il oser l’incident diplomatique, enfin ? Très vite, l’assistance s’est impatientée. Va-t-il prendre la main, oui ou non ? Je n’ai pu résister à la pression internationale. J’ai remis ma main dans la paume ouverte, il l’a enveloppée toute entière, et a serré. Je me suis senti comme un homme privé de liberté, son regard fixait le monde et moi, j’avais l’air inquiet, à chercher ma main, enfouie dans sa poigne. L’étreinte n’a pas duré longtemps, mais pour les photographes, pour la postérité, j’avais la pose du captif pris dans les chaines. C’était mes premiers pas, il fallait encore que j’apprenne, je ferai mieux la prochaine fois.

La consigne

Ils rêvent d’ouvrir les fenêtres. Vingt minutes à la fenêtre, parler aux autres. Alors moi, je retire toutes les poignées. Les fenêtres restent fermées. S’ils veulent parler et entendre, qu’ils brisent les vitres, j’ai dit.
Ils sont venus avec leur rêve, ils ont écouté, puis ils sont partis comme il sont venus.