Scalps

Si des titres pouvaient faire un poème.

Portrait des génies
Haut de clown
Femme à huit bouches
Important problème de boiterie
Lâcher de pigeons
Possible drame.

Tableau de chasse
Messieurs les voyants
A tête renversée
Une belle robe
Image méconnaissable
Stupéfiant venin
Dureté des ombres.

Si je reviens
Dans les ténèbres de ses cuisses
Croix noire aux étoiles, bleu
Conversion, caresse, agonie
Presque inerte
Une délicatesse Japon.

Au shampoing

Salon de coiffure, entre collègues, au shampoing. Ce que l’on fait de ses soirées. L’eau n’est pas trop chaude, tout est à température.

La voix, manque l’image :

« Hier soir, j’ai puni Emile.

J’ai puni Emile, cela m’a fait un bien fou, lui aussi je pense.

Je n’ai pas cherché de raison, j’en avais envie, c’est tout.

Tu ne peux pas savoir combien notre vie a changé, depuis que je le punis.« 

Ça ressemble

Une ombre
ça ressemble à un
corps.

Un corps
mal à l’aise
un cri le corps
étouffé dans le drap.

Un spectacle déformé
on ne sait plus qui
l’un ou l’autre, l’un et l’autre
on ne comprend pas
au regard on ne comprend pas.

Ça ressemble

A une attente
il y aura un être pour
nous rejoindre.

A une prière même
ce serait l’unique,
le seul,
le soi
ou l’autrui.

A une inquiétude
Ne pas savoir de qui tenir,
à qui tenir.

A un silence
il n’y jamais de réponse
ou la mort.

L’image ressemble à une ombre,
si on la
regarde les yeux fermés
si on sent
qu’elle ne dit pas
la vérité si
elle a l’air du déjà-vu.

L’ombre, ça ressemble
à l’allonge du boxeur qui frappe trop fort,
à la tache de l’homme qui tombe au sol,
à une disparition à regret, il y aura une fin,
elle viendra, elle effacera,
ça ressemble
à un moment venu au monde
il passe.