La lettre à Santangel

Je m’éloignais du centre, j’étais hors de moi, je ne savais plus où j’en étais. Je me retrouvais perdu, je dérivais longtemps. Je me raisonnais, en disant, le centre, c’est toi, avant tout. Mais moi, je ne me situais pas très bien. « Moi », je ne savais pas ce que cela voulait dire. Quand je découvris l’Amérique, je me mis en colère, ce n’est pas du tout ce que je cherchais, l’Amérique. Je fis alors semblant de ne pas avoir découvert l’Amérique, je laissais cela à d’autres. Chacun sait qu’il n’y a pas de centre en Amérique. Il faudrait pouvoir tourner autour, ce n’est pas possible et c’est dommage. L’Amérique et moi, on aurait pu faire de grandes choses, cela ne s’y prêtait pas et voilà. Si l’Amérique avait été un œuf, cela aurait sans doute mieux marché. Et encore. Tout est si fragile quand on s’y met, aidé par de bons vents.

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