Mes vacances dans les Alpes

La première fois, je me trouvais tout heureux de caresser sa jupe, ce béton si doux au toucher. Quand j’y passais la main, et que je poussais mon avantage, non, je ne me doutais pas. Non, je ne me doutais pas. Je sentais dans mon corps une vibration infime. Bien sûr, je ne suis pas de glace. J’avais assez vite noté que son barrage électrisait mon sexe à mesure que ma halte se prolongeait sur la voûte. A la crête, pourtant, rien ne permettait en apparence de comprendre les raisons de cette sensibilité à fleur de peau. Elle semblait impassible. Muette malgré ses effets. A plusieurs reprises, néanmoins, je notais qu’un filet d’eau s’écoulait à l’aval. Il n’y avait, semble-t-il, pas de lien entre ma présence et cette activité qui paraissait somme toute de basse intensité – je procédais mentalement à des comparaisons avec les cours d’eau de ma connaissance.

Ce fut l’ingénieur qui m’affranchit. Voyez-vous me dit-il d’un ton savant, sous son béton sagement agencé se cache une turbine d’une force redoutable. Son plaisir inonde de lumières la vallée. C’était inespéré, je m’étais épris d’une centrale hydro-électrique. A mes pieds brillait son lac de retenue, si calme et pur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s