Les dessous poético-intimes de la photographie

Ce sont de précieux petits livres édités en fac-similés, conçus comme des laboratoires de formes poétiques. Ce sont des carnets photographiques, soient toutes ces phrases notées à la volée, ces essais de cadrages, ces traits rouges sur les planches contact, ces croquis, ces notes d’intention, ces images tremblées qu’on ne montre pas d’habitude, ces morceaux […]

Les dessous poético-intimes de la photographie — Le blog de Fabien Ribery

Ma première start-up

Au moins j’avais fait une proposition. J’étais satisfait, elle avait reçu un assez large écho. Puis je reçus en retour des réclamations. Je ne savais quoi en faire. Je ne pouvais faire pire que ce que je proposais déjà.

Je constatais que le voisin aussi en recevait, des réclamations. Il me confia qu’il avait déjà ouvert un service tout entier, avec délocalisation du centre d’appels au Maroc. Il envisageait bientôt un service contentieux, avec automatisation des dossiers par un sous-traitant indien. Il avait l’air particulièrement fier, épanoui grâce à son activité. Il brassait large.

Je ne voulais pas, moi, créer des emplois, salarier des gens. Je fermais mon service des réclamations avant de l’avoir ouvert.

Vous pouvez bien crier, que voulez-vous que cela me fasse ? Je ne suis pas sourd.

Décastré

Les hautes planches de la cuisine aménagée, tu les entreposes dans le garage. Glacées, brillantes, les planches sont signées Ken Scott. Elles figurent des bocaux de cerises, des conserves de tomates, d’asperges aussi. Ces bocaux n’existent pas.

Tu arraches les baguettes de relief blanc, les coffrages en recel de fils électriques. Tu es sans décor.

Tu crèves les faux plafonds, tu démontes les placards encastrés, tes pièces étaient engoncées dans des placages bien droits. Tu es mal foutu, relief labouré d’une vie d’homme.

Il n’y a plus d’ordre, on voit les traces des dégâts des eaux. Vécurent là les enfants de la famille Enfer, parias à l’écart. Un commandement. Tu ne cacheras pas les stigmates des déchus.

Tout est toi.

Décastré.