Un battement de peau

Il se sentait un peu sauvage et voulut partir la chercher. Les montagnes paraissaient si douces, l’eau si calme, et le détroit n’avait de fin que par les nuages.

Elle portait trois rangs d’étoiles sous ses ailes repliées.

Elle avait une peau de multiples empreintes, en feuilles de fougères. Et lui n’avait pas peur de se perdre en forêt.

Lui dragon en rut, plumard pour la nique, masque à plume d’homme à queue, sautait la palissade de la peau. Il tapait dans le mille de son bec à faire aimer les blessures.

Il lui baisait le ventre, chair refuge matin tendre. C’était la Grand Place à l’harangueur oiseau fou, son ventre, feuille chaude, infatigable lui graveur de virgules roses, rosses rosaces. Il aimait voir couler l’or chaud au milieu des plaies, mélange de mauvais goût pour qui respire en basse tension, souffle à ciel ouvert. Il savait qu’il pourrait y repasser ensuite le doigt, comme un aveugle, pour ne pas se perdre, lire et relire la pierre de la peau, jusqu’au temps qui passe.

Et si les traces s’effaçaient, galets polis par la mer, duvet de jeune oiseau au printemps, elle avait deux soleils qui pointaient, comme une nouvelle aurore.

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