L’impasse du tisserand

N’ira pas à Washington
Le quarante-cinquième
N’ira pas à Washington
Le quarante-quatrième
N’ira pas à Washington
Le quarante-troisième
N’ira pas à Washington
Le quarante-deuxième
Le quarante et unième
N’ira pas à Washington
Le quarantième
N’ira pas à Washington
Le trente-neuvième
Le trente-huitième
Le trente-septième
Le trente-sixième.

N’ira pas à Washington
Le trente-cinquième
N’ira pas à Washington
Le trente-quatrième
Le trente-troisième
N’ira pas à Washington
Le trente-deuxième.

N’ira pas à Washington
Le trente et unième
Le trentième
Le vingt-neuvième
Le vingt-huitième
Le vingt-septième
Le vingt-sixième
N’ira pas à Washington
Le vingt-cinquième
Le vingt-quatrième
Le vingt-troisième
Le vingt-deuxième.

N’ira pas à Washington
Le vingt-et-unième
N’ira pas à Washington
Le vingtième
N’ira pas à Washington
Le dix-neuvième
Le dix-huitième
Le dix-septième
N’ira pas à Washington
Le seizième
N’ira pas à Washington
Le quinzième
Le quatorzième
Le treizième
Le douzième
N’ira pas à Washington
Le onzième.

N’ira pas à Washington
Le dixième
N’ira pas à Washington
Le neuvième
N’ira pas à Washington
Le huitième
Le septième
Le sixième
N’ira pas à Washington
Le cinquième.

N’ira pas à Washington
Le quatrième
N’ira pas à Washington
Le troisième
Le deuxième
N’ira pas à Washington
Le premier, reprend son nom.

N’ira pas à Damas
Le Prince
N’ira pas à Damas
Le Courtisan
N’ira pas à Damas
Le Général
N’ira pas à Damas
Le Général !
N’ira plus à Damas
Le Président !
N’ira jamais à Damas
Le Président !!!
N’ira pas à Damas
Le Président.

N’ira pas à l’Elysée
La République
N’ira pas à l’Elysée
La Première
La Deuxième
La Troisième
La Quatrième
La Cinquième
Et ainsi de suite, et ainsi de suite.

N’ira pas à Rome
César a tout rendu
César a tout rendu.

Il s’en ira.
Elle s’en ira.
Embrassera tes lèvres.
Se perdra où il voudra.
Se perdra où elle pourra.
Loin du Capitole, loin du Capitole.

Un battement de peau

Il se sentait un peu sauvage et voulut partir la chercher. Les montagnes paraissaient si douces, l’eau si calme, et le détroit n’avait de fin que par les nuages.

Elle portait trois rangs d’étoiles sous ses ailes repliées.

Elle avait une peau de multiples empreintes, en feuilles de fougères. Et lui n’avait pas peur de se perdre en forêt.

Lui dragon en rut, plumard pour la nique, masque à plume d’homme à queue, sautait la palissade de la peau. Il tapait dans le mille de son bec à faire aimer les blessures.

Il lui baisait le ventre, chair refuge matin tendre. C’était la Grand Place à l’harangueur oiseau fou, son ventre, feuille chaude, infatigable lui graveur de virgules roses, rosses rosaces. Il aimait voir couler l’or chaud au milieu des plaies, mélange de mauvais goût pour qui respire en basse tension, souffle à ciel ouvert. Il savait qu’il pourrait y repasser ensuite le doigt, comme un aveugle, pour ne pas se perdre, lire et relire la pierre de la peau, jusqu’au temps qui passe.

Et si les traces s’effaçaient, galets polis par la mer, duvet de jeune oiseau au printemps, elle avait deux soleils qui pointaient, comme une nouvelle aurore.