La chambre rouge

Souviens-toi de la sauvage destruction du père
Vous êtes partis avec les couverts
Alors lui le père ne pouvait
Plus rien
Faire de ses mains
Plus rien manger
Il s’est mis à gonfler
A vous écrire
A même la boite aux lettres
Ses cris d’abandon
D’homme relégué seul
Dans une ile lointaine
Il n’a pas terminé
Le chemin de train électrique
Tout était prêt pourtant
J’ai oublié où sont passées
Les locomotives des enfants.

La maison de la souffrance

Tu vends pour pas cher
Le charme de la douleur
Toute la société souffre
Et pleure
Et fréquente ta maison.
L’enfant
Travaille-la en cabinet
Confie-la au tiroir secret
Remets-lui le certificat
Qui la mènera à ta maison.
Elle est un immeuble sans étage
Où la dignité se vend, s’achète
Se dégrade et se désespère.
Bonne petite
Elle mange ton pain noir
Rit de toutes les plaies
Qui saignent sur la scène du théâtre.
Elle a changé grâce à ta maison
Tu l’as redressée en chose
Racoleuse et angeline
Une consistance close.

La main parle

Et moi ? Où est ma main ?
Je tremble et je chancelle.
Je fouille la poche de mon manteau, c’est l’hiver, je voudrais rentrer chez moi.
Je fouille et j’y trouve la main d’un autre. Par accident.
Rappel à l’ordre : « Monsieur, votre main est dans ma poche ! ».
Et lui de me répondre : « Pas du tout, ce n’est pas ma main, cette main, c’est la vôtre. D’ailleurs, votre main est dans ma poche, vous savez bien que vous, vous n’avez pas de poche à votre manteau ».
Je pensais que j’avais quelque chose d’un peu égaré, mais quoi ?