Une sanction exemplaire

Je ne devrais pas trainer dans les couloirs. Je l’ai entendue hurler. Aujourd’hui, une femme a crié très fort parce qu’on lui changeait sa serrure. Le serrurier avait ôté le barillet de la porte, un chez elle avait-elle décidé, un chez elle qui n’est pas un chez les autres. On lui avait pris une ancienne clé pour lui en remettre une nouvelle. Elle refusait la nouvelle clé. Elle était en rage. Remettez-moi ma serrure ! Pourquoi tenir à la serrure ? Elle avait déjà deux armoires qu’elle pouvait verrouiller à sa guise. Deux armoires ce n’est pas assez, il faudrait aussi une porte au bureau, un sas au couloir, garder sienne la clé qui mène de chez soi aux autres, à la vie de ceux-là. Je ne sais pas pourquoi, je sais que le serrurier a souffert, je sais qu’elle a bien fini par verser des larmes, sur sa serrure ou sur le serrurier. Et moi, je traine trop dans les couloirs. J’ai laissé tomber mes outils.

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