Membrane plane

Elle est la grande prématurée
Ensanglante les draps fous

Elle est son trompe-l’œil
Qui couronne la forêt

Elle est la haute silhouette
Ses jambes ensauvagent

Elle est la saison infinie
Elle la noie dans les flaques

Elle est balustrade
Et aveugle la danse

Elle est le florilège
Ses défausses communes

Elle est le nu sans projet
L’accueil de la maison des pauvres

Elle découvre la peinture
S’embarrasse à poser

Idée d’un souvenir

A l’abri de la cheminée
Les fleurs de l’ombre sur le toit
Rosacées en gouttes de lumière.
Désappareillées
Les tuiles luisent au matin.

Elle : « Je vous sens si près. »
Lui : « Un air d’Italie. »
Elle : «  Vous avez donc ce matin en terrasse guetté l’humidité et ressenti l’appel d’un désir féminin ? »
Lui : « Malgré cette cheminée sombre comme le maître du lac, j’ai voulu tout mettre à bas et lécher les tuiles. Y passer la langue. »
Elle : « Les cheminées vous gênent ? »
Lui : « Celle-ci était d’une austérité sans rapport avec l’humidité de la couleur rosace. Tuile et cheminée, leur  couple ne collait pas. »
Elle : « Tout cela pour une petite fumée ? »
Lui : « Il vous faudrait coiffer la cheminée pour que je puisse lutiner la tuile à mon aise. »
Elle : « La cheminée cache bien son jeu, vous faites fausse route. »
Lui : « Pardon, naïvement, j’avais vu la pierre érigée de la cheminée comme un sexe d’homme. »
Elle : « Vous n’avez pas compris qu’il y avait deux femmes, l’une au sexe couché, l’autre s’étirant vers le ciel, l’une de plan et l’autre de profondeur ? »
Lui : « Humidité et chaleur, je n’oublierai pas. »