Dans l’atelier de l’artiste, interdit d’entrer

artisteMon image d’un détail de l’oeuvre de Catherine Leutenegger (Twin Studio New York 2007).

En entrant dans l’atelier de l’artiste, on voudrait le capturer chez lui, avoir le privilège de la rencontre unique. Et puis non, on s’extasie sur la qualité de lumière, les seins du modèle, les petits gâteaux offerts pour le quatre heures, et on comprend aussi que l’artiste s’en fout, il a créé un décor pour vendre les toiles, et il veut bien négocier un crédit sur trois mois. On aura beaucoup photographié, on n’aura toujours pas compris ce qui conduit dans un espace donné à la création. L’atelier de l’artiste est à l’intérieur de lui-même, c’est un paysage en pensée, une vie qui cristallise une chimie organique, comme une autre, on ne peut que rêver l’esprit du lieu, rien en déduire. A part Marlène Mocquet : « c’est un endroit où les mains prises, l’orgasme est possible« .

Au Mazamet

Interdiction formelle de :
Se servir de la guillotine,
Machine réservée
A la coupe du petit bois,
Au passage de la lame fine
Sur le nez à la fenêtre.
Dernier coup de paupière
Sur le lit de l’hôtel
Sur la rue étroite
De tes seins
Sur la chute de tes reins.
L’ouvrier brise-larmes,
Frappe.
Fuite au grand air.
En tôle,
Saint Lazare ressuscité.

Sortir du rayon peinture

Je savais qu’à dégager la flèche,
Je n’en atteindrais pas moins le ciel :
Je suis l’archange,
Le beau linge des nécropoles.
Sortis du rayon peinture,
Les tableaux de duchesses,
Accroche-cœurs, collerettes, robes bleus, coiffes roses
Me regardent en coin.
Je lis les fausses histoires de chevaliers et de cachots.
Elles font rire les enfants.
J’échafaude l’histoire, je brûle-testament
Je vieillis les vitraux fuyants.
C’est le grand lavage de pierre, l’efface-crime.
J’ai touché la lumière en frère attardé par le couchant.