Le précipitame

Pour Henri Michaux

Et c’est toujours les coups de poing sur la table
La mère en paravent
Le verre brisé, l’enfant renié
Et c’est toujours la branche abandonnée
Et toujours la pomme de terre germée
Et c’est toujours l’homme qui boite et tombe et se relève
Les chaussures envoyées dans les arbres par les foules en colère
La détresse
L’image de fer
Le cri du corbeau dans un ciel vide gris
Et c’est toujours la solitude
Le mensonge de la coiffure
Une femme trop assise à la banquette
Et c’est toujours les femmes en bleu
Les papillons
Les gargouilles à filles
Et les chèques à filous
Et c’est toujours une recherche qui ressemble à la fuite
Un chemin sans trace, des herbes trop hautes et la glissure de la boue
Le précipitame.

La pointeuse

Noël 1908, Rilke sur l’art : « dans tout ce qui est réel, on en plus proche et plus familier qu’en exerçant une de ces professions semi-artistiques et irréelles, qui, dans la mesure où elles reflètent une proximité d’avec l’art,  en fait, nient et attaquent l’existence de tout art, ce que fait, par exemple, toute la profession journalistique, presque toute la critique, et les trois quarts de ce qu’on appelle littérature et qui revendique ce nom ».

Sincérité, vérité.