Sur la plage, il ne fait pas froid

Sur la plage, il ne fait pas froid.
La mer roule, doucement.
Loin, loin, de ceux qui sur le sable,
De leurs bras ont le toucher froid des cadavres,
Malgré le zoom et tes 140 signes,
Tu ne nages pas la nuit, vers les navires.
Sauveteur est métier mercenaire.

Si dans l’innombrable flux et reflux du lamento,
Dans la parlotte des mots vides,
La vérité était de se taire,
Tu te tairais,
Mais alors, pourrait-on ressusciter les cœurs morts ?

La larme coule à l’image,
Différence du noyé,
Noyé de vacances, noyé d’exil,
Celui qui a un nom, celui qui n’en a pas,
Celui que l’on voit, celui que l’on ne voit pas,
Homme, femme, enfant.
Les plages sont toujours les mêmes,
Que l’on s’y baigne ou que l’on s’y noie.

La mer roule, doucement.
Tu ne te jettes pas à l’eau.
Tu ne sais pas nager,
Dans ce sel,
Dans cette humidité-là,
Cette humanité-là.
Elle te laverait de tout.

Sur la plage, il ne fait pas froid.
As-tu mis la nappe, voisin ?
Va chercher la pomme qui roule sous la table.
Où sont les couverts ?

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