Mes plus belles histoires de machine à laver

A force d’être tout le temps fourré dans tes petites culottes, de les renifler de près, cela devait finir par arriver. Sans réfléchir, j’ai suivi le tas de linge sale. Lavomatic. Machines aux beaux cercles d’acier. Les grandes tailles, là, dans le coin de la salle, marquées de leurs numéros rouges. Dix, onze, douze. Pour les amateurs de beau linge, ceux susceptibles d’encaisser la charge.
Pièces, jetons. Au son du tambour, je me programme un lavage à 40 °, pleine capacité. Je rêve de passer de basse à haute température, de taux d’humidité résiduelle, de consommation d’énergie. Je vois tes jambes à travers les hublots. Tu es belle, mon amour, je n’entends même pas le cliquetis des programmes voisins, quand tu appuies sur mon prélavage.
Cela fait si longtemps que j’ai suspendu tes culottes au fil de mes pensées, comme des trophées. Il y en a plein la cour de tes strings accrochés par mes pinces à linge. Claques au vent. Les voisins se plaignent de ne plus voir le ciel. Ils matent tes dessous. Font des rêves érotiques. Qui les empêchent de dormir.
Comme je suis gâté ! Tu as rempli mes mains de poudre, du Mir couleur. Je sens sur mon cou descendre le charme visqueux de la Soupline. Moi, qui croyais que faire tourner la tête, je savais ce que c’est, c’est ma fête, là. Remué à grande vitesse. C’est ça, la vie de fétichiste. Des culottes plein la bouche, les doigts pris dans les attaches de soutien-gorge, un concentré de tes odeurs en mode panier à linge.
Dans le tambour, choyé jusqu’au cou, je navigue ami-ami avec tes dentelles. Faut dire, les seuls petits bateaux que tu acceptes, c’est pour ne pas te naufrager sans bouée. Pour le reste, y a du string mini cheek, des promesses playful, le fidèle soutien push up, des lignes curvy, de la lingerie implicite de maison close.
Je fais quelques tours avec une marque anglaise, en sobriété et en élégance. On aime le nœud au milieu de la taille, le subtil jeu de transparence, nous les hommes. Y en a des fleurs, des entrejambes opaques pour continuer à jouer. Ouais, ouais, tournez manège, je nage parmi tout cela, dans de l’eau qui bulle, de l’eau sale de toi. De l’eau lessiveuse. Elle éradique l’odeur de toi. Grande lessive tue à rêves, tue à parfum de femme.
Essore-moi. Tords-moi, mon amour. Huit cents tours minute.
Je résiste moins bien que tes dessous. Pas aussi doué qu’eux dans les montées descentes. Me cogne, me noie, me fourvoie. Myopie de fétichiste. Je finis body mal tourné. Chiffon mouillé. Visage bleu, langue gonflée. Pends-la à ton fil, ça m’apprendra.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s