Névé crevé

Viens te promener sur mon dos, chatouille minuscule.
Tu grattes le dos de la terre : elle a éternué
En une cascade de pierres tu roules parmi tes pairs.
Neige entaillée par ton corps en déroute
Avec les encordés d’infortune, tu dévisses
Comme une corde de violoncelle qui te lâche.

Tu es la blessure de terre noire, entaille couleur enfer
Dans la neige.

Tu pensais prendre de la hauteur
La neige-terre absorbe les corps – tu macères
Elle te recrache
Comme un noyau de cerise
Comme une cendre obscure.
Névé crevé !

Sous les chemins de promenade
Du surplomb, on voit la cicatrice
Dans la chair blanche, meurtrissure infâme
Crevasse d’une mère qui a perdu son enfant.

Pas de joie dans la chute
Névé brisé, ton corps brisé, toi, défiguré
La vie immaculé devenue enfer.
Obscur sexe féminin du névé
Révélé par tes ricochets de pierraille
Béant néant désert du ciel.

Qui regrette le blanc satiné
Du temps où l’on n’avait pas peur
De la belle saison
De la neige fondant au soleil
Sans trace de boue en deuil noir
Sans salissure de la tombe et du tu-tombes
Sans pourquoi sans jamais ?

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